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Déclaration des droits numériques de la personne

Version 2.0 — septembre 2026

Un texte universel, sans vocabulaire propriétaire, destiné à pouvoir être adopté par toute organisation — entreprise, institution, hôpital, école, État. MANA le signe et s’y engage ; il ne lui appartient pas.

D’abord, trois questions

Pourquoi Facebook a-t-il rendu son patron milliardaire ? Parce que c’est gratuit.

Vous ne payez rien. Donc vous n’êtes pas le client. Ce sont les annonceurs qui paient, pour vous atteindre.

Plus Facebook vous connaît, plus il peut viser juste. Plus il vise juste, plus il vaut cher. Voilà d’où vient l’argent : de ce qu’il sait de vous. Ce n’est pas un accident. C’est le métier.

Pourquoi l’Europe fait-elle des lois sur internet ? Parce que personne ne s’est arrêté tout seul.

Alors la loi est venue de l’extérieur. Les bandeaux « cookies » que vous voyez partout, c’est ça : on est obligé de vous demander la permission avant de vous suivre à la trace.

Regardez comment on vous la demande. « Tout accepter » : gros, coloré, facile. « Refuser » : petit, gris, caché. Ça vous dit déjà ce qu’on préfère.

Pourquoi MANA n’a-t-il pas de bandeau cookies ? Parce qu’on n’a rien à vous demander.

Un bandeau sert à obtenir votre permission pour vous suivre. On ne vous suit pas. Il n’y a donc rien à demander.

Vous pouvez le vérifier vous-même : zéro cookie, et aucune balise pour vous compter. Les pages qu’on fabrique ne vont rien chercher ailleurs que chez nous.

Une exception, et on préfère vous la dire : quand une mission de bénévolat vient d’un partenaire, sa photo est encore chargée depuis le serveur de ce partenaire. Lui voit donc que quelqu’un l’a affichée. On est en train de la rapatrier chez nous.

Ce qui est gardé tient dans votre navigateur, sur votre appareil : votre commune, le mode jour ou nuit, l’endroit où vous en étiez. Ça ne nous arrive jamais.

Un bandeau qui n’existe pas, c’est la preuve. Le reste n’est que des mots.

Voilà ce qu’on s’engage à faire

Ce texte appartient à tout le monde. N’importe qui peut le reprendre : une entreprise, une mairie, une école, un hôpital. MANA le signe. Il ne lui appartient pas.

Le point de départ

Une donnée, c’est quelqu’un. Ce n’est pas un chiffre. C’est une personne. Ou un lien entre deux personnes. Ou quelque chose que quelqu’un a fait.

Ça ne se vend pas. Les avoir, c’est en être responsable — jamais les posséder. Tout le reste vient de là.

Vous

1. On ne creuse pas en vous. Vous n’êtes pas une mine. On ne vous rend pas accro. On ne vous observe pas en cachette. On ne profite pas d’un moment où vous allez mal.

2. Ce qui vous concerne est à vous. Vous pouvez le cacher sans l’effacer. Vous pouvez refuser d’apparaître dans un album fait à plusieurs, même si un autre l’a payé. Vous pouvez demander qu’on l’efface. Votre droit passe en premier.

3. La porte reste ouverte. Vous partez quand vous voulez. Vous emportez tout. Dans un format que les autres services savent ouvrir. On ne retient personne en fermant la porte.

4. Les plus fragiles d’abord. Enfants, personnes âgées, gens en deuil, malades, isolés : pas de note, pas de classement, pas de vitrine. Quand quelqu’un va mal, ce n’est pas le moment de lui vendre quelque chose. À dix-huit ans, un jeune reçoit toute sa vie numérique. Pour de bon.

Votre temps

5. Votre attention n’est pas à vendre. Un message qui s’affiche répond à un vrai besoin, ou il n’a pas lieu d’être. On ne cherche pas à vous garder longtemps. On cherche à ce que votre temps ici en vaille la peine.

6. Le silence est un droit. Ne rien faire est normal. Si vous disparaissez un mois, personne ne le comptera contre vous. Et personne ne vous relancera parce que vous étiez tranquille.

7. On voit qui vient, jamais qui manque. Quand quelqu’un prend de vos nouvelles, ça peut se voir. Quand personne ne le fait, ça ne se voit jamais. Pas de « vous n’avez pas répondu depuis trois jours ». Pas de « vu à 14 h » qu’on ne peut pas couper.

8. Aucun écran ne vous piégera. On ne cache pas le bouton « non ». On ne complique pas le départ. On ne met pas en gros ce qui nous rapporte et en petit ce qui vous protège. Pas de peur, pas de culpabilité, pas de faux compte à rebours. Un « oui » arraché à quelqu’un de fatigué n’est pas un oui.

Vos souvenirs

9. On ne prend pas vos souvenirs en otage. Vos photos et votre histoire restent accessibles. Même si vous ne payez pas. Même dix ans après. Même si vous partez fâché. On peut vendre de la place pour demain. On ne menace jamais hier.

10. On prend le minimum. On ne revend rien. On demande le strict nécessaire. On le garde le temps qu’il faut, et on dit combien de temps. Rien n’est vendu, loué, ni donné à des publicitaires.

Rien de ce qui est à vous ne sert à entraîner une intelligence artificielle sans votre accord. Et cet accord se retire quand vous voulez.

11. On gagne sa vie sur le travail, pas sur les gens. On se fait payer pour ce qu’on fabrique : un livre imprimé, un album, un coup de main. Jamais pour le simple fait de rester en contact avec les siens.

Ce qu’on vous doit

12. Une machine qui décide doit s’expliquer. Quand un programme décide quelque chose qui vous concerne, on vous l’explique en français simple. Vous savez que c’est une machine. Vous savez pourquoi. Vous savez à qui parler si vous n’êtes pas d’accord.

13. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Elles ne valent rien si elles ne se voient pas dans ce qu’on construit, dans ce qu’on compte et dans ce qu’on dépense. Grandir compte moins que mériter la confiance.

14. On ne promet pas ce qui n’existe pas. On n’annonce rien avant que ce soit fait. Quand on n’a pas tenu parole, on le dit. Et on dit comment on rattrape.

15. On doit pouvoir nous demander des comptes. Un jour, ce qu’on construit fera du tort à quelqu’un. Même sans le vouloir. Il faut alors pouvoir le signaler, ne pas être d’accord, comprendre, et être dédommagé.

Avant chaque changement important, quatre questions : qui gagne du pouvoir ? qui devient plus exposé ? qui peut partir ? qui paie vraiment ?

16. Ce texte est à vous aussi. Reprenez-le. Critiquez-le. Améliorez-le.

En signant

On ne juge pas un système seulement à ce qu’il permet. On le juge à ce qu’il refuse de faire aux gens.

Aucune invention ne mérite le nom de progrès si elle demande à l’humain de devenir plus petit pour que la machine devienne plus grande.

Parce que derrière chaque donnée, il y a quelqu’un.

La signer

Votre nom complet sert à vous écrire une fois ; seuls votre prénom et l’initiale de votre nom seront affichés. Votre adresse n’est jamais publiée, jamais revendue, et ne sert qu’à vérifier que cette signature vient bien de vous.

1 signature

  • Aurelien G.